Charpentiers et taillandiers de Munster se sont retrouvés pour deux jours d’équarrissage, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.
Un rendez-vous exceptionnel
Samedi et dimanche, de 9h à 17h, un chantier d’équarrissage a pris place derrière les anciennes écuries Hartmann, rue du Tilleul, à Munster.
👉 La Maison Luquet y a réuni plus d’une dizaine de charpentiers à la main et quelques forgerons passionnés — avec un objectif clair : partager les savoirs et assurer la pérennité d’un patrimoine immatériel encore méconnu du grand public.
Dans un monde où les métiers manuels se raréfient face à la modernisation, cette transmission compte plus que jamais.
Voir, comprendre, apprécier le travail fait main
L’événement a offert aux visiteurs l’occasion d’observer de près le travail des charpentiers et forgerons, de comprendre les gestes précis qui régissent ces métiers, et d’apprécier la valeur du travail manuel.
👉 Chaque outil, chaque pièce de bois ou de métal manipulée porte une histoire — une expertise acquise au fil des années, et un respect profond des matières premières.
Une date qui n’est pas un hasard
L’événement coïncidait avec la Journée internationale pour les droits des femmes — un moment opportun pour rappeler que ces professions longtemps dominées par les hommes s’ouvrent de plus en plus à la mixité.
👉 Soumia, qui forge aux côtés de Simon, s’investit pour redonner une place aux femmes dans ces métiers exigeants — une démarche qui passe par la reconnaissance de leurs compétences et une plus grande visibilité de leur travail, y compris en plusieurs langues, pour toucher le public le plus large possible.
Une transmission intergénérationnelle
Simon, aux côtés de Gustave Rémon et Julien Hubin, charpentiers à la main, transmettent un savoir-faire ancestral avec une approche qui traverse les générations.
Pour eux, la préservation de ces savoirs passe par une adaptation aux réalités modernes, sans jamais trahir les méthodes traditionnelles — et il est essentiel que les jeunes puissent découvrir ces métiers autrement qu’à travers un musée ou une carte postale.
👉 Simon et Gustave parlent volontiers d’éveiller chez les plus jeunes « l’instinct du renard » — l’envie d’apprendre et de se former en dehors des circuits classiques.
Un métier bien vivant
Le grand public imagine souvent ces professions désuètes ou en voie de disparition. Pourtant, ces artisans vivent bien de leur savoir-faire.
L’incendie de Notre-Dame de Paris a été un électrochoc pour la reconnaissance de ces métiers : sans artisans qualifiés, comment envisager une reconstruction fidèle à l’original ?
La relation entre forgerons et charpentiers illustre l’interdépendance des métiers de l’artisanat — une collaboration essentielle avant l’ère des machines, et qui redevient aujourd’hui une alternative durable à la standardisation industrielle.
Une démarche écologique et responsable
L’artisanat traditionnel suppose une gestion respectueuse des ressources naturelles.
👉 Les châtaigniers utilisés lors de cet événement sont prélevés en collaboration avec l’Office National des Forêts, dans les hauteurs de Munster. La Maison Luquet travaille aussi avec le Parc des Ballons des Vosges pour la fabrication d’outils destinés à l’entretien de la flore locale.
Une synergie entre institutions locales et artisans, au service d’une préservation conjointe du patrimoine naturel et culturel.
Pour aller plus loin
🔗 Qu’est-ce qu’un taillandier ?
🔗 [Article à venir] Femmes à la forge
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