Simon a l’envie et le savoir-faire pour installer un atelier de forgeron à Munster. Reste à trouver les outils…

Il pèse une tonne et demie

et vient des Ardennes. Depuis hier, Simon a son marteau-pilon. La vieille machine trône désormais rue des Clefs à Munster, dans la propriété de Soumia et Simon Luquet. Le couple l’a achetée à la commune. Le Club Vosgien y avait ses habitudes, plus loin encore, c’était les ateliers municipaux. Et encore plus loin, une forge.
Un siècle plus tard, la forge, Simon compte bien la recréer. C’est en rencontrant un forgeron que l’ancien étudiant en arts plastiques de Strasbourg est devenu forgeron. Depuis, « c’est un mode de vie, dit-il, quand c’est entré ça ne sort plus ! »
En effet, Simon a 31 ans, un emploi de forgeron à l’Écomusée d’UNGERSHEIM et une passion qui dure pour l’acier dur. Des bras, il a, du savoir-faire aussi, manque les outils : « On a du mal à trouver
du matériel, notamment le gros outillage comme les bancs de ponçage, perceuses à colonne, scies… »

« Il y a des marchés ! »

Un marteau-pilon neuf, « c’est 13 000 euros », assure Emmanuel FERNEX, le copain forgeron de DAMBACH. « Il faut trouver les machines sur le Bon Coin, dans les liquidations d’entreprise, ajoute Simon, il y a aussi le matériel que les gens gardent dans leur remise ou leur grenier, pensant que ça prendra de la valeur ». Simon veut sauver une espèce en voie d’extinction : « C’est une profession quasiment morte, elle subsiste par la ferronnerie d’art, il faut recréer une dynamique car il y a des marchés ». Et les marchés, il les flaire chez les agriculteurs, les travailleurs du bois, les
viticulteurs qui utilisent des outils tel le couteau à greffon ».

Taillant d’acier et manche d’acacia

Les outils façonnés à la mode Simon rompront selon le forgeron de Munster avec l’obsolescence programmée attachée aux objets modernes : « Ils seront quasiment garantis à vie ! », annonce-t-il en présentant une hache au taillant d’acier chauffé à 1000 degrés et au manche d’acacia qu’il a mis deux jours à fabriquer.

Pour s’équiper définitivement, Simon et Soumia envisagent de recourir au crowdfunding, une levée de fonds pour la réalisation de leur projet d’implantation d’un atelier de forgeron dans une vallée qui en est désormais dépourvue.

Article L’ALSACE rédigé par Philippe MARCHEGAY du 17 février 2017