D’avril 2012 à juin 2017, Simon Luquet est le forgeron titulaire de l’Écomusée d’Alsace et c’est dans ce cadre que la taillanderie va prendre tout son sens.

L’Écomusée d’Alsace, un stage d’apprentissage en continu

L’Écomusée d’Alsace, plus grand musée vivant à ciel ouvert de France, s’organise comme un village alsacien du début du XXème siècle. Le patrimoine rural se vit au quotidien et présente les Arts et Traditions Populaires de l’Alsace. Il est pour surtout le creuset de savoir-faire ancestraux. Car l’Écomusée est d’abord le fruits de collaborations entre passionnées, entre anciennes et jeunes générations, entre artisans…

Un outil pour chaque métier

Voici ce qu’en dit la présentation sur le site Internet de l’Écomusée d’Alsace : « Le forgeron était un personnage important et respecté dans les campagnes, car il était le seul à maîtriser l’art de travailler le métal. Chacun, dans la communauté villageoise, faisait appel à lui : le charron pour la préparation des cercles des roues […] de charrette, le menuisier pour les verrous, […], le tonnelier pour les cercles de barrique, mais aussi le paysan pour les socs de charrues, les herses, les fourches… De plus, chaque corps de métier avait besoin de lui pour la confection de ses outils. Tout l’art du forgeron consistait à maîtriser la technique de soudure à chaud. Souvent maréchal-ferrant, il était également capable de réaliser des pièces de serrurerie et de ferronnerie […].

Le saviez-vous ? Si son savoir-faire était indispensable au fonctionnement du village, le forgeron n’en était pas moins craint par certains. Il avait en effet la réputation d’avoir un caractère fort et – était-ce dû à sa maîtrise des flammes ou à sa figure noire de charbon ? – était parfois accusé d’être vaguement sorcier.

L’Écomusée d’Alsace, des talents et des noms

Dans le cadre des manifestions et des animations du musée, Simon LUQUET collabore avec des professionnels et artisans bénévoles. Chacun amène alors, son lot de connaissance et d’expérience. Une véritable mine de savoir partagée.

Simon Luquet doit l’approfondissement de ses connaissances à ces rencontres de talents, dont :
  • Bastien POLMAN, le charpentier/charron, sa remarquable minutie et son savoir-faire sans âge
  • Roger FEDER, le charbonnier à la générosité sans limites et à l’immense soif de partage
  • Valentin BAUER, dit « Mowgli », un génie brillant par son besoin d’expérimentation. Dans l’ombre, il pousse Simon hors de sa zone de confort
  • Martin CLAUDEL, un taillandier aussi talentueux que modeste, soutient et moteur dans la fabrication des haches
  • Johannes « Hans » POLMAN, charron bénévole et au poste de grand schtroumpf. Il invite à aborder différents points de vue pour résoudre un problème
  • André KELLER, bénévole , parti trop vite dont le soutien et la gentillesse à toute épreuve apprennent à relativiser
  • Freddy AUREL, ancien forgeron, il est la petite voix qui transmet une grosse part de son savoir-faire

 

Prendre son envol pour ne pas perdre la technique

Qu’on le veuille ou non, à l’Écomusée d’Alsace on plonge dans une magnifique image d’Épinal. Cependant pour les artisans c’est une réalité salariale. Pour les visiteurs la déception est toujours grande quand le forgeron ne fait pas chanter son enclume. Or dans la réalité, le forgeron ne travaille pas qu’au feu. En effet, il disparaît parfois des yeux des spectateurs pour échanger avec les autres corps de métiers, pour usiner des pièces en sécurité ou pour les finitions. Pour Simon LUQUET comme pour beaucoup d’artisans en musées vivants, car il faut réussir à produire des pièces pour la conservation et garder le plaisir de la médiation, avec plus de 800 regards au dessus de l’épaule.

Quitter ce vivier d’échanges de connaissances est un crève cœur, d’autant plus qu’il s’accompagne de l’angoisse de se se lancer en artisan indépendant. Pourtant, Simon fait le choix d’ouvrir son propre atelier de taillanderie parce que sans cela, le risque majeur c’est de perdre en technicité et en créativité.